LES ORIGINES DU TAIJI QUAN

 

Plusieurs hypothèses sur l'origine du Taiji quan :

1. L'origine remonte au village de Chenjiagou

Ceux qui partagent cette opinion croient que le taijiquan  ( ou Taichi Quan) a été créé par Chen Wangting vers la fin de la Dynastie Ming (1368-1644). Leurs représentants sont Tang Hao et Gu Liuxin, chercheurs de l'histoire du Wushu. M. Tang a tiré cette conclusion à la suite des investigations qu'il a menées au village de Chenjiagou, district de Wenxian, province du Henan, et en se référant aux Annales du district et au Registre généalogique de la famille Chen. Selon ce registre, Chen Wangting était "maître de boxe de style Chen et fondateur du jeu de l'épée et de la lance". Comme les différentes écoles du taijiquan sont originaires ou héritières de la boxe de style Chen, cette version jouit d'une grande autorité et prédomine, depuis longtemps, dans le milieu du wushu.

2. Le taijiquan fut créé par Zhang Sanfeng

Cette version de longue date était vraisemblablement l'opinion traditionnelle avant que la première version ne se soit répandue. Il est dit dans le Livre complet sur les exercices du Taijiquan écrit par Yang Chengfu (1883-1936) que Zhang San­feng créa le Taijiquan vers la fin de la Dynastie Song (960-1279) et la transmit à Wang Zongyue, Chen Zhoutong, Zhang Songxi et Jiang Fa. Encore plus tôt, Li Yishe (1832-1891) écrivit dans sa Brève introduction sur le taijiquan : "Le taijiquan fut fondé par Zhang Sanfeng des Song." Encore de nos jours, certains partagent ce point de vue.

3. Le taijiquan fut créé par Wang

Wang Zongyue, qui vécut sous les Qing (1644-1911), occupe une place importante dans l'histoire du taijiquan et son rôle a été reconnu par les maîtres des différentes époques. Son livre A propos du taijiquan a beaucoup contribué à la propagation du nom de cette boxe et constitue son fondement théorique. Du fait que Wang Zongyue a pour la première fois exposé la théorie et les techniques du taijiquan de manière systématique, certains croient qu'il en est le créateur en faisant le bilan des expériences de ses prédécesseurs. Il est consigné dans des documents que Wang Zongyue transmit le taijiquan à Jiang Fa et ce dernier le transmit à Chen Changxing, habitant du village de Chenjiagou.

4. La boxe taiji vient des monts Wudang

Le wushu a des rapports étroits avec la religion. De là vient la version selon laquelle le taijiquan a pris sa source dans les monts Wudang haut lieu du taoïsme. Les partisans de cette version estiment que l'alchimie est une part importante du taoïsme chinois et que les prêtres taoïstes des monts Wudang créèrent la boxe en partant des exercices qu'ils avaient accumu­lés et en combinant les méthodes, telles que le tuna (expiration et inspiration) et le daoyin (conduction mentale de l'énergie vitale). C'est donc l'une des anciennes méthodes qui visent à ménager la santé de l'homme. Elle permet de «draguer» les méridiens et de régulariser l'énergie et le sang en vue de combattre les maladies et de prolonger la vie. Ce taiji appelé taiji qigong serait l'ancêtre du taiji martial. Cette hypothése est à prendre avec réserve, sachant que depuis 5 ans, le Mont Wudang est l'objet d'enjeux économiques (tourisme de masse) et idéologiques (encadrer une pratique religieuse pour éviter le phénoméne Falun gong et construire un taoisme de pacotille à des fins touristiques).De plus les Arts Martiaux des Monts Wudang présente peu de ressemblance avec le Taijiquan actuel même si les deux disciplines ont certaines caractéristiques en commun.

Historique des arts martiaux chinois

Il faut remonter à plus de 5000 ans en arrière pour parler des plus anciennes techniques de combat connues en Chine, grâce à l’art du Vajramukti (qui aboutira au Kalaripayat) venant de l’Inde. Effectivement, durant cette période s’effectuait des échanges culturels et commerciaux entre les deux pays.

En 2674 av. J.-C., lors d’une bataille de Huang Di l’Empereur Jaune, on parlera pour la première fois d’une méthode de combat intitulée Go-ti, une forme de lutte encore primitive.
Deux mille ans plus tard, sous les royaumes combattants (403-221 av. J.-C.) on sait qu’il existait une forme de lutte déjà très codifiée portant les noms de Shang-pu, Pai-chang, Shuai-go ou bien Hudi. Actuellement on emploie le nom de Shuai-jiao.

Durant la dynastie Ming (1368-1644), la technique de la lutte s’améliora, laissant place à l’intelligence des techniques plutôt qu’à la force brute. Ainsi naquit le Luohan-quan, ancêtre du Ju-jutsu japonais.

A partir du développement du Taoïsme, les techniques individuelles de combat vont s’imprégner de ce concept philosophique. Suivant les hommes de l’époque, il y a deux sens à cette pratique, l’une cherchant à les doter d’une arme de mort, l’autre à s’élever spirituellement. Il en résulta très tôt des boxes « internes » et des boxes « externes ».

Citons d’abord, Kwok Yee, qui vécut au premier ou second siècle de notre ère, il lui est attribué le style de la « longue main » (chang quan).

Hua To (entre 190 et 265 ap. JC) aurait été un célèbre médecin et aurait mis au point une série de mouvements destinés à détendre les muscles et à relaxer l’esprit tout en tonifiant le corps : la technique des « cinq animaux », base de départ pour les futurs créateurs de boxe chinoise.

Trois siècles plus tard, un nouveau pas décisif fut franchi dans l’approfondissement et la diffusion des techniques de combat, et ceci grâce au monastère de Shaolin. Le bouddhisme avait lentement pénétré en Chine, venu de l’Inde, depuis le milieu du premier siècle de notre ère. C’est donc vers 525 après J.C. qu’un moine indien du nom de Da Mo, qui sera honoré après sa mort du nom de Bodhidharma (l’illuminé); va laisser derrière lui le bouddhisme Chan mais également des techniques pour le développement de l’énergie interne (Qi Gong). Les moines du monastère vont ainsi peu à peu établir leur réputation d’efficacité guerrière que l’on connaît aujourd’hui.

Vers le milieu du 16e siècle, un moine de Shaolin se nommant Jue Yuan, fut déçu par le niveau réel des habitants du monastère, il décida donc de partir à la recherche d’experts d’arts martiaux. Après un long périple, il rencontra Bai Yu-feng, un terrible expert de combat qu’il vit à l’œuvre devant une bande de brigands. Ce dernier présenta au moine son propre maître Li Chieng.

Les 3 hommes réalisèrent un véritable travail de codification et de synthèse de leurs savoirs, élargissant les 72 techniques de combat de Bodhidharma à 170 techniques , le tout réparti en styles du Tigre, de la Grue, du Léopard, du Serpent et du Dragon. Ce travail sera à la base de quantités de styles qui en divergeront au cours des siècles suivants.

Il existe actuellement plus de 400 styles de boxe chinoise, certains traditionnels, d’autres plus ou moins fantaisistes, mélanges réalisés au cours du 20e siècle seulement, tournés vers la chorégraphie et les performances athlétiques plutôt que sur l’efficacité du combat réel. Les styles de boxe chinoise se classent en 2 grandes familles : les styles «externes» ou «durs» et les styles «internes» ou «souples».

Les styles externes sont avant tout destinés au combat. On y compte plusieurs centaines de styles, la majeure partie d’entre eux remonte à Shaolin du moine Jue-Yuan et des experts Bai et Li.

Les styles internes sont d’avantages basés sur le développement de l’énergie vitale et interne. Les techniques sont exécutées lentement, en flux continu, et tout en souplesse. Les plus représentatifs de ces styles sont le Taiji Quan, le Bagua Zhang et le Xing Yi Quan. Selon la conception chinoise du Wushu, interne et externe sont deux volets faisant parti d’un tout, avec la même recherche d’efficacité par la mobilisation de l’énergie vitale soutenant l’énergie musculaire, et préconisant l’alternance intelligente en combat, des mouvements rapides et lents, durs et souples.

 

L'examen des applications martiales des styles internes et des styles externes montrent que les principes de base sont identiques et que seules les pratiques diffèrent. Nous avons par commodité conservé cette distinction même si, pour les enseignants chinois des styles traditionnels, elle n'a aucun sens.

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